Une révolution ! Lettre de novembre 2019

Par Enguerrand de CHRISTEN|novembre 14, 2019|Lettre d'information|0 comments

Chers amis humains et humanistes,

Me voilà de retour, après un long moment sans vous avoir écrit de newsletter. Je m’étais proposé de vous écrire chaque mois. Or, ma dernière lettre date de novembre 2017… Autant dire que je n’ai pas atteint mon idéal de régularité !

Comme je vous l’avais partagé, j’ai à cœur de rester en lien avec vous, de vous partager mes apprentissages de la formation et de l’accompagnement. Ceci étant, avec la densité croissante de mon activité et de mes engagements professionnels, cette régularité dans la communication m’était devenue difficile, sans faire appel au soutien d’une équipe pédagogique jusque-là.

Il y aura dorénavant une seule lettre d’information publiée sur le blog, qui réunira mes activités d’accompagnement individuel (cabinet « Devenir Soi ») et les activités liées à la formation à la méthode DECEMO.

Aussi, l’équipe pédagogique du centre de formation à la méthode DECEMO® s’agrandit. Chacun des cinq formateurs sera amené à prendre la parole dans ces lettres mensuelles, pour enrichir les contenus et visions du monde autour de la méthode DECEMO et ses applications. Ce partage permettra la richesse du collectif.

Pour cette première lettre, je garde la plume ! Je la prêterai à d’autres dans de prochaines lettres…

 


Pour commencer : une révolution !

 

Alors, quelles nouvelles depuis ma dernière lettre d’informations, il y a presque deux ans ? Une ré-vo-lu-tion, dans ma pratique de l’accompagnement et de la formation ! Rien que ça ! Pour celles et ceux d’entre vous qui m’avez suivi, vous avez pu vous rendre compte que ma façon d’accompagner a énormément évolué. Elle s’est enrichie d’une compréhension et d’outils très « dans le corps », qui modifient en profondeur la pratique de l’accompagnement et de la relation.

Ces deux dernières années, je me suis formé, entre autres, à :

  • la théorie de l’attachement, issue du psychanalyste John Bowlby,
  • la théorie polyvagale, découverte par le chercheur en neurosciences Stephen Porges,
  • au modèle « Intelligence Relationnelle® » développé par mon ami le Dr. François Le Doze, médecin neurologue et psychothérapeute.

Ces diverses approches ont bouleversé ma façon de voir l’Humain. Elles ont affiné ma façon de l’accompagner dans ses profondeurs.

Depuis plusieurs années, je pressentais que la qualité de présence de l’accompagnant, ainsi que la qualité de la relation accompagnant-accompagné, étaient au moins aussi importantes que la technique utilisée. Mais je n’avais pas d’éléments concrets pour expliquer cela. Et je disposais encore moins d’outils concrets pour agir sur cette qualité de présence et de relation.

 


Agir en-dessous du mental…

 

Ces dernières formations que j’ai suivies, puis leur pratique et exploration intensives en cabinet et en tant que formateur, m’ont permis de rentrer dans la « matière neurologique » humaine. J’y ai découvert des concepts nouveaux en neurosciences, qui sont en train de modifier en profondeur le champ de la relation d’aide. Ces apports expliquent et donnent des clés d’action sur ce qui se passe en-deçà du mental. Je dis volontairement « en-deçà » et non « au-delà » du mental, pour plusieurs raisons :

 

1- Les mécanismes neurobiologiques de l’attachement chez l’enfant se mettent en place préalablement aux fonctions mentales : le développement du Système Nerveux Autonome, dont nous parlerons beaucoup, commence dès les premiers mois de la grossesse. Si on est très technique : la myélinisation (création d’une gaine autour de l’axone du nerf, qui le protège et accélère l’influx nerveux) de la branche ventrale du nerf vague (branche essentielle dans le développement de la relation d’attachement de l’enfant à ses parents, ce que je développe dans les formations DECEMO) se fait à partir de la 30ème semaine de grossesse et la première année de la vie. Les fonctions du langage, elles, ne se mettent en place chez l’enfant qu’à partir de 18 mois environ ; la capacité à se représenter ce que l’autre pense (théorie de l’esprit) se développe autour de 5 à 7 ans.

 

2- Le « Système Nerveux Autonome » est autonome, comme son nom l’indique. Il fonctionne en-dehors des circuits mentaux habituels, en-deça de ceux-ci. Le fait de vous sentir en danger ou en sécurité est lié à ce fameux Système Nerveux Autonome. Ce dernier fait remonter au cerveau des information liés à la perception de danger ou de sécurité, 24h/24 (80% des fibres du nerf vague sont afférentes, c’est-à-dire qu’elles remontent l’information du corps vers le cerveau, et non l’inverse !). C’est ce que Stephen Porges appelle la « neuroception », ou perception neuronale. Qui n’est pas consciente, car l’information ne passe pas par le néocortex. Ainsi, la perception de sécurité ne se décrète pas de façon mentale : elle se vit dans le corps. Quand vous vous sentez angoissé ou en insécurité, sans qu’il n’y ait de cause identifiée à cela : vous avez beau vous répéter que tout va bien ; si votre corps n’est pas d’accord, c’est lui qui aura le dernier mot ! La sécurité ne se décrète pas, elle se vit et s’installe dans le corps.

 

3- De mon expérience de l’accompagnement, j’observe que, quand les pensées sont très perturbées, la régulation du Système Nerveux Autonome (sans passer par la compréhension mentale) rend à la personne une plus grande clarté mentale et une ouverture à des choix nouveaux. Un système nerveux, quand il est régulé, régule également la sphère des pensées et des cognitions.

 

Notre structure neurologique est incroyable, fascinante ! Complexe, riche… et en même temps très simple au niveau de son application en psychothérapie… La compréhension de l’attachement de l’enfant, associée au fonctionnement du Système Nerveux Autonome et la nécessité de l’aider à se réguler, ont considérablement modifié ma façon d’accompagner.

J’avais pressenti, comme bien d’autres thérapeutes, l’importance de la relation dans l’accompagnement. Mais je n’en avais pas saisi les modes opératoires, ni le fait que la relation et sa sécurité étaient des prérequis indispensables avant tout travail émotionnel ! Ces nouveaux outils m’ont donné une direction. J’ai découvert un mode d’emploi pour interagir avec le système nerveux autonome et pour l’aider à se réguler : « lire » comment il réagit (à travers les réactions de la personne accompagnée, le plus souvent inconscientes), pouvoir « jouer » avec ses modalités, puis proposer des actions qui viennent l’aider à retrouver sa régulation naturelle. Tous ces éléments sont abordés abondamment dans les formations DECEMO que j’anime, essentiellement dans le cycle supérieur en « DECEMO-Relationnel® ».

 


Vous avez dit « ego » et « résistance » ?

 

Dans ces approches issues des dernières découvertes en neurosciences, j’ai trouvé des réponses concrètes à des difficultés que les professionnels de l’accompagnement connaissent depuis longtemps : les résistances et les systèmes de défense.

Dans ma conception aujourd’hui, il n’y a pas de patient « résistant ». Si il y avait « résistance » ou « ego », ils viendraient selon moi du thérapeute qui décrète que la personne qu’il accompagne est « résistante », parce qu’il ne sait plus comment l’accompagner. Dans ma compréhension actuelle, la « résistance » de la personne vient de sa perception inconsciente (neuroception) d’un manque de sécurité, dans la relation thérapeutique et/ou dans l’environnement de la séance.

A nous, professionnels de l’accompagnement, de trouver où se loge ce manque de sécurité : dans l’environnement, qui n’est pas assez sécurisant pour elle ? chez la personne, qui rejoue au présent, dans la relation thérapeutique, son histoire passée où elle a manqué chroniquement de sécurité ? chez nous, thérapeute, qui représentons (à notre insu) un danger pour elle, qu’il soit réel ou représenté ? dans la relation entre la personne et nous en tant que thérapeute, car il se joue, pour elle comme pour nous, quelque chose qui vient appuyer sur nos boutons rouge d’alarme intérieure, ce qui nous empêche d’être en sécurité dans la relation ?

A nous, en tant que thérapeute ou accompagnant, de venir trouver ce qui empêche une sécurité en profondeur dans la relation d’accompagnement.

 

 


La clé pour être un « bon » thérapeute

 

Pour être un bon détective, et trouver l’origine du problème, le critère numéro 1 d’un « bon » thérapeute, à mon sens aujourd’hui, est de se remettre en question en permanence, en restant dans un mouvement d’évolution continue. Comment ? à travers la veille technique (formation continue sur des techniques), une thérapie sur soi en continu, ainsi qu’une supervision régulière de sa pratique d’accompagnant.

En tant qu’accompagnant, nous n’avons pas à être parfait, à tout savoir, à être efficace, à avoir une posture nickel tout le temps ! Bienvenue à notre humanité, à toucher nos limites, à être imparfait, à nous tromper, à nous poser des questions !

Cependant, nous avons, à mon sens, une exigence : savoir quand on n’est pas au bon endroit, quand on se trompe, quand on n’est pas aidant, quand on touche une limite, quand notre posture d’accompagnant est (souvent subtilement) inajustée au besoin profond de la personne accompagnée. Quand le thérapeute touche une limite, à lui d’être responsable de cette limite, en allant explorer ce qui s’y joue, en supervision.

La supervision est encore une question de relation : c’est encore par le regard et la présence d’un autre, qu’on vient éclairer nos propres ombres en tant qu’accompagnant. C’est dans cet engagement que je me sens à 100% présent, en étant moi-même régulièrement suivi en thérapie, supervisé dans ma pratique, en formation continue (avec le suivi d’une à deux formations par an), et en entraînement à la supervision avec mes pairs. Il en va ici de ma propre écologie d’accompagnant. Et j’encourage chacun de mes pairs, et les personnes que je forme à la méthode DECEMO®, à faire de même. Cet engagement est notre garde-fous contre la toute-puissance ou l’ignorance de notre mauvaise posture relationnelle.

Tous ces apports techniques nouveaux, ces compréhensions des mécanismes subtils de la relation, je les ai intégrés dans la méthode DECEMO®. Celle-ci continue de s’étoffer, d’avoir un champ d’action de plus en plus large. En 2012, j’enseignais une approche purement technique, par mouvements oculaires, qui agissait très bien sur des traumatismes bien identifiés, mais uniquement avec des personnes peu défensives.

Aujourd’hui, 7 ans plus tard, la méthode s’est considérablement enrichie : son champ d’action s’ouvre à des thématiques très larges, y compris avec des personnes aux mécanismes de défense élaborés. Pour suivre ces évolutions, tout en respectant la formation technique d’origine, j’ai ajouté un cycle supérieur « DECEMO-Relationnel® », qui vient approfondir la composante relationnelle de l’accompagnement, associée au travail sur les systèmes protectifs dans l’accompagnement des émotions difficiles.

 


Multiplier les regards

 

Dans le cadre de la transmission de la formation DECEMO, je reste très sensible à m’entourer de personnes de confiance, pour ouvrir la voie/x à d’autres. Cette multitude de regard apporte une plus grande richesse. Aujourd’hui, l’équipe pédagogique s’élargit encore :

Nathalie GUETH-VALLET, sophrologue hors pair, continuera à animer les modules « DECEMO-Ancrage » pour non-sophrologues, et « Sophro-DECEMO » pour sophrologues diplômés ; elle proposera également des journées de supervision et de suivi.

Bruno MARTIN-PERIDIER, médecin et ostéopathe, continuera à animer son module « Ostéo-DECEMO ».

Pour les nouveaux (bien)venus dans l’équipe pédagogique :

Philippe KEIT, sophrologue et fin connaisseur du yoga et de la respiration, proposera un nouveau module « Respi-DECEMO ».

Thomas MARCILLY, psychopraticien spécialisé sur le travail de l’inconscient et sur la communication professionnelle, proposera trois nouveaux modules : l’identité et communication professionnelle du thérapeute, les fondamentaux trauma et transgénérationnel,  les fondamentaux pour accompagner les victimes d’abus sexuels.

Nous formons aujourd’hui une joyeuse équipe de 5 formateurs passionnés, chacun avec son expérience et sa propre « patte ».

Agenda des formations

 

Vous trouverez ci-dessous les prochaines dates des prochains cycles de « Praticien DECEMO® » et « Praticien DECEMO-Relationnel® », ainsi que les modules complémentaires proposés par chaque formateur :

 

Cycle de base de « Praticien DECEMO® », sur 9 mois :

 

PARIS

Session n°36 : Vendredi 13, samedi 14 et dimanche 15 mars 2020 + vendredi 15, samedi 16 & dimanche 17 mai 2020 + 4 rencontres collectives d’analyse de pratique par visioconférence + vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 décembre 2020

 

LYON

Session n°35 : Vendredi 22, samedi 23 et dimanche 24 novembre 2019 + vendredi 10, samedi 11 & dimanche 12 janvier 2020 + 4 rencontres collectives d’analyse de pratique par visioconférence + vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 juillet 2020

 

LYON

Session n°37 : Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 avril 2019 + vendredi 19, samedi 20 & dimanche 21 juin 2020 + 4 rencontres collectives d’analyse de pratique par visioconférence + vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 décembre 2020

 

Informations : https://www.decemo.fr/decemo-emdr-traumatismes-emotions/formation-mouvements-oculaires-lyon-paris/

 

Cycle supérieur de « Praticien DECEMO-Relationnel® », sur 9 mois :

PARIS

  • Niveau 1 : vendredi 1, samedi 2 et dimanche 3 mai 2020
  • Niveau 2 (« Technicien DECEMO-Relationnel® ») : vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 janvier 2020
  • Certification de « Praticien DECEMO-Relationnel® » : dimanche 6 décembre 2020

 

LYON

  • Niveau 1 : vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 mars 2020
  • Niveau 2 (« Technicien DECEMO-Relationnel® ») : vendredi 22, samedi 23 et dimanche 24 mai 2020
  • Certification de « Praticien DECEMO-Relationnel® » : samedi 12 décembre 2020

 

Informations : https://www.decemo.fr/decemo-emdr-traumatismes-emotions/formation-trouble-attachement-stress-post-traumatique/

 

 

Modules complémentaires en DECEMO :

Respi-DECEMO avec Philippe KEIT

LYON | le 11 janvier 2020

 

Métier Thérapeute avec Thomas Marcilly

PARIS | les 24, 25 et 26 janvier 2020

LYON | les 27, 28 et 29 mars 2020

 

Fondamentaux Trauma et Transgénérationnel avec Thomas Marcilly

PARIS | 6, 7 et 8 mars 2020

LYON | 10, 11 et 12 avril 2020

 

Fondamentaux Accompagner l’abus sexuel avec Thomas Marcilly

LYON | 19, 20 et 21 juin 2020

PARIS | 3, 4 et 5 juillet 2020

 

Informations : https://www.decemo.fr/decemo-emdr-traumatismes-emotions/modules-osteo-decemo-ancrage-mediation/

 

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